J’voulais te dire, mec…
J’voulais te dire, mec, que je me rappelle de toi
De ce jour funeste où t’as perdu toute foi.
De ce jour fou où t’as perdu la tête,
Où tu n’as plus eu qu’une idée, passer par la fenêtre.
Pour l’aspect dramatique, t’as préféré jaillir d’un balcon
Et ça devait être plus simple aussi pour le plongeon.
T’as succombé à ton mal intérieur qui essaime.
T’as voulu le stopper net, du haut du 18ème.
Tant de certitudes au moment où tu te hisses
Et une idée fixe, « qu’on en finisse ! »…
Tu te lances pour ton premier et dernier vol
Tellement désespéré que t’as pas eu besoin d’alcool
T’espères une nouvelle vie « ailleurs », une « renaissance »
Loin, très loin de ton océan de souffrances.
Les premiers étages te paraissent une éternité.
Tu vois défiler ta vie devant tes yeux comme une BD.
Tu repenses à toutes les raisons qui t’ont amenées là
Ton acte, tu te le justifies mille fois.
Au douzième tu passes devant une copine d’enfance à son balcon
Tu savais pas qu’elle habitait là, c’est vraiment trop con !
Tu te retournes dans ta chute, tu cherches ses yeux
Et tu réalises que c’est la première fois que tu regardes vers les cieux.
T’es pas croyant mais tu pries pour qu’elle ne t’ai pas reconnu.
La mort d’un ami en direct c’est encore pire que celle d’un inconnu.
A travers elle tu te rappelles quand tu étais petit
Tous ces moments d’innocence et de bonheur que la vie t’a repris
Tous ces moments oubliés qui pour toi n’existaient plus
En fait, c’est juste toi-même qui les as perdus.
5ème étage tu repenses à ta famille,
Aux gens qui t’aiment et que tu vas faire tomber comme des quilles.
Avant même ta « nouvelle vie » ils te manquent déjà
Ainsi que tes amis, tes potes et même ton putain de chat !
Avec colère tu penses à tous ces pauv’ cons
Qui ne feront que dire que t’avais rien dans le caleçon.
Tu te dis que ça c’est de la petite fierté mal placée
Celle-là même contre laquelle ta copine a tant gueulé !
Tiens, ta copine, jamais dans cette journée tu n’y as pensé !
Et pourtant c’est aussi sa vie que dans quelques secondes tu vas gâcher !
Tu repenses à toutes ces promesses que tu lui as faites.
Tant de promesses non tenues à une femme que tu trouvais parfaite….
Bien sûr elle gueule tout le temps, mais c’est une nana, bordel !
Et c’est seulement maintenant que t’es sûr, la femme de ta vie, c’est elle.
Aussitôt tu te sens con, on ne peut pas présumer de la vie !
Surtout à ce moment-là, ducon, c’est maintenant que tu réfléchis…
Les fleurs du balcon du premier, une dernière pensée pour tes proches
Car quand arrive le trottoir, c’est vraiment trop moche…
J’voulais te dire, mec, par ces quelques lignes de prose
Que ma petite fierté mal placée, elle a sauvé bien des choses…
Mirko
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Celà correspond à une introspection, un moment de flottement que beaucoup de monde à traversé. Paradoxalement, je n'avais au départ que la phrase de fin "ma petite fierté mal placée, elle a sauvé bien des choses". Tout ce que j'ai écris était orienté vers cette fin là.
Ce texte est en fait une discussion que j'ai eu avec moi-même, si je puis dire, il y a un bon nombre d'années maintenant, que j'ai juste mis en scène afin de pouvoir en tirer la maximum d'intensité dans le message que je voulais faire passer. Effectivement, la dernière phrase change complètement le sens du texte et la façon dont on l'a perçu jusque là, du moins la représentation qu'on s'en est fait. J'ai été particulièrement touché de recevoir de la part de personnes présentes le soir de ma "première" car c'est aussi le premier texte que j'ai présenté, des commentaires très personnels; je ne m'attendais vraiment pas à toucher des gens dans leur vécu de façon aussi profonde et ça m'a énormément motivé pour la suite. J'en profite pour les remercier, car accepter de s'ouvrir comme ça est quelque chose de rare, que je sais mesurer à sa juste valeur. Merci de m'avoir montré que cette part de sensibilité n'est pas une tare et qu'on peut l'exprimer librement sans passer pour je ne sais quoi.
Pour en revenir au texte en lui-même, le message est simple. Dans mon esprit de sportif ayant l'esprit de compétition, l'abandon volontaire est pire que la défaite. Une défaite on s'en relève, on en apprend des choses, on en ressort plus fort à condition de faire ce qu'il faut pour ça. Le suicide, puisque c'est de ça qu'il s'agit, est la forme la plus dure d'abandon volontaire. C'est, d'un avis purement personnel, un acte individuel aux conséquences collectives. C'est pour ça que j'ai commencé mon texte en centrant le propos sur l'individu en détresse, qui ne pense plus, qui a déjà pris sa décision, qui a déjà abandonné pour de multiples raisons. Le deuxième paragraphe est le début de l'ouverture au fait qu'il n'y a pas que lui dans sa vie, ouverture "favorisée" le début de la chute, son action est démarrée, elle est irréversible, il ne se met plus en "danger" puisque de toutes façons c'est trop tard. Avec le début de l'ouverture arrive le changement de vision, amorcé dans le texte par le fait de passer devant une "copine d'enfance à son balcon". A travers elle, il comprend petit à petit qu'il n'a peut-être pas pensé à tout. C'est la reflexion qu'il a lors du troisième paragraphe, c'est à ce moment-là qu'il réagit, qu'il commence à se rebiffer et à refuser qu'on lui colle cette petite étiquette de "loser" sur le dos. Il se rend compte qu'il n'a pensé qu'à lui pendant tout ce temps, qu'il n'a jamais pensé à sa famille, à sa copine, ses copains etc etc bref tous les gens qui peuvent graviter autour de lui. Bien sûr, quand il s'en rend compte c'est trop tard...
Tout ça pour dire que des traits de caractère qu'on estime être "négatifs" ne le sont pas tout le temps, loin de là. Chaque aspect de notre personnalité est tantôt une qualité, tantôt un défaut en fonction de la situation qui nous est présentée. Ca rend la notion du bien et du mal relative voire obsolète, ce qui bouscule grandement notre conditionnement judéo-chrétien. C'est le message de ce texte, tout n'est pas blanc, tout n'est pas noir, rien n'est jamais définitivement perdu mais certains partent de plus loin que d'autres. A partir d'une situation donnée, à chacun de se battre dans le bon sens du terme pour arriver au minimum à s'en sortir, au mieux à vivre ses ambitions voire même ses rêves. Si certains y arrivent, pourquoi pas vous?anti_bug_fck
Merci à toi pour nous faire partager ça, à bientôt sur les scènes slam.
je trouve ce texte superbe, c'et trop réaliste !!
on se demande comment tu as fait pour te mettre dans le tête du gas!
Je vous rassure tout de suite, nous aussi on est pressés de vous retrouver avec Didier. On a passé des supers moments avec vous et on en redemande!! Vivement les prochains ateliers! Faites le forcing auprès de Mme GACHET pour qu'il y en ait d'autres! lol
@ bientôt
et en plus premiere texte ba voila sa fou une clake se texte
japreci beaucou t texte
et ki adore les oiseaux
on c'est que tu est pa tres bo
mais aussitot
tu sortira de l'hosto.