Touches pas à ma mer
Mon esprit s’évade
Quand je regarde l’océan.
Il est le symbole, le garde
D’un réalisme permanent.
Tant de choses dépendent de lui
Dans le monde qui nous entoure.
Tant de choses dans mon esprit…
Il est le flot de souvenirs que je savoure.
Je me suis toujours senti petit
Face à cette force implacable.
Je peux rester des heures en face de lui
Immobile, les pieds dans le sable.
J’écoute le cycle des vagues qui éclatent
Le roulement des galets dans le ressac,
Je me rappelle, petit, avec les potes
Les heures passées sur une planche pour finir en vrac…
Je respire à plein poumons l’odeur du large,
C’est celle de la liberté
Quand tu te laisses bercer dans une barge
Au gré des vents et que le temps s’est arrêté…
Je ferme les yeux
Je remonte le temps
Tant de fois il m’a rendu heureux
J’ai besoin de le retrouver de temps en temps.
Je rouvre les yeux
Je reviens dans le présent
Je me plonge dans le bleu
Dans le berceau du Vivant…
Je suis si vulnérable
Dans cette immensité…
Un petit être effaçable
Prêt à écouter.
Ecouter le signal d’alarme
Ecouter la complainte
L’océan est une mer de larmes
Alimentée par des fleuves de craintes…
Ecoute… Ecoute…
Ecoute et écoute encore !
Cette fois-ci il n’y a plus de doute
Il nous appelle, en danger de mort
Pour nous supplier d’accepter
De la protéger contre nous-mêmes
Contre les dérives de notre société
Et là on s’éloigne du rêve…
L’océan gronde…
Mais il nous laisse le temps.
Le temps de changer de longueur d’onde
Et d’en sortir plus grand.
Il prépare sa réponse
Pour quand il sera trop tard
Et peu importe la Science
On sera balayés comme des cafards
Si on n’est pas foutus de comprendre
A quel point nous sommes à l’ouest
Et à force de vivre pour prendre
La Nature réagira sans demander son reste…
Pêche intensive, palangriers
Tout pour le profit, corruption avérée
Pillage des ressources, espèces en danger
Dégradation massive partout où l’Homme est implanté…
Pollution, marées noires
Que des droits, jamais de devoirs
La Nature plie mais ne rompra jamais
Et ce peu importe qui ou quoi elle devra sacrifier…
L’Homme d’aujourd’hui
Est la honte de celui de demain
Parce qu’il n’a pas compris
Que fondamentalement il n’est rien.
Alors écoute… Ecoute…
Ecoute et écoute encore !
Cette fois-ci il n’y a plus de doute
C’est nous qui sommes en danger de mort…
On fustige l’esclavagisme…
On abhorre le fascisme…
On voudrait les rayer de nos souvenirs,
On estime qu’en ces temps on a fait le pire…
Mais demain c’est sur nous qu’on jettera des pierres !
Sur celui qui, en un siècle, a brûlé toutes les énergies fossiles
Qui a mis l’équilibre de la nature à l’état de prière
Sans se préoccuper de l’avenir, croyant la planète docile…
Je me sens étranger
A cet excès d’égoïsme choisi.
Il est temps de réapprendre à éduquer
Pour que se poursuive notre vie,
La vie de nos enfants
Et des leurs ensuite
Parce qu’on est lâches et ignorants
Mais ça ne se voit pas alors ça nous suffit…
Mon esprit s’évade
Quand je regarde l’océan.
Il est le symbole, le garde
D’un réalisme permanent.
Tant de choses dépendent de lui
Dans le monde qui nous entoure…
Tant de choses dans mon esprit…
J’espère que nos enfants auront plus de bravoure…
Mirko
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