Géologie humaine de Paris
Paris est un symbole
Dans notre monde moderne,
Une représentation nationale,
Une géologie humaine.
On peut y discerner plusieurs strates
Qui nous font visiter le pays de l’Homme
Ainsi que ses pensées fines ou scélérates
Qui se tournent autour dans cet urbain système.
Tout le monde se croise
Sans vraiment se regarder.
Parfois on vous toise
Pour justifier d’avoir levé le nez.
Pas de doute à avoir
Je suis bien un provincial.
Je m’intéresse au monde autour
Excusez-moi, je ne savais pas que c’était mal…
Quel paradoxe, quel gâchis
De voir dans une ville si belle
Autant de monde réunit
Qui passe à côté de l’essentiel.
Je n’ai jamais su dire
Si c’est plus par peur ou par indifférence.
Finalement laquelle est la pire ?
Je vois les deux comme une déviance.
Qu’il vienne de sa banlieue,
De son quartier rupin
Ou d’un truc entre les deux
C’est toujours le même refrain.
Tous ont leurs idées sur leur condition
Et leur mot à dire sur celle des autres.
Pourtant, là, je vous vois comme des moutons
En train de faire « comme tout le monde », on est encore dans le paraître.
J’entends ici mon habitant de la cité
Qui crie au scandale pour tous ses problèmes.
Plus pour les siens que ceux du quartier
Mais peut-on lui en vouloir ? On fait tous la même…
Il dit qu’il y a une sélection par l’argent,
Que les gens qu’il représente ont été concentrés
Dans un endroit qu’il estime indécent
Puisque laissé à l’abandon et complètement délabré.
Pas de confort, pas d’avenir
Mais une grosse culture de l’identité.
On sait à quel groupe on veut appartenir,
Ça permet de mieux s’estimer.
Il a le monde entier sur le dos
Et en première ligne la police
Qui le gêne dans sa quête du beau,
A croire qu’il trouve ça moche ce qu’il revendique.
J’entends par là mon petit bourgeois
Déblatérer sur la société.
Il y a des tas de choses qu’il ne comprend pas
Comme de ne pas connaître Ronsard et Mérimée.
Que voulez-vous, on n’a pas tous les mêmes aptitudes.
L’argent n’y est pour rien, c’est d’abord l’éducation
Et il y a toujours quelque chose pour troubler la quiétude
De son quotidien et de sa quête d’élévation.
Mais que fait la police ?
C’est une honte ! Même plus tranquille chez soi.
Une voiture démarre et les pneus crissent.
Encore un délinquant, ça ne peut être que ça !
La terre entière lui en veut,
Tout le monde envie sa réussite
Mais ne s’élève pas qui veut,
Lui, un esprit fort et puissant l’habite.
Plus loin je vois mon middle-class
Qui traîne toute sa misère.
Pour lui tout ce qui se passe
N’est que contrainte, qui plus est monétaire.
Sa vie, c’est son budget.
Les comptes sont drastiques.
Il s’en plaint toute l’année
Sauf l’été où il se paye des vacances sur l’Atlantique.
On pourrait penser que son discours
Serait un mélange des deux précédentes
Et pourtant non, elle varie selon les saisons,
Selon les humeurs et les contraintes.
Mais que fait donc l’Etat ?
Ce sont toujours les mêmes qui payent pour les autres.
Toutes ses questions commencent par « pourquoi »
Sans pour autant se demander si c’est pire ailleurs.
Que de standards, de vulgaires clichés
Et pourtant je les ai tous entendus.
Toutes ces classes sociales et leur(s) discour(s) bien huilé(s)
Je les ai même vus…
Il serait temps d’arrêter de se cacher,
D’affronter nos déviances et nos passions
Car si chacun a son franc parler
On peut être intelligent dans l’analyse des opinions.
Une chose est certaine
Dans ce vaste champ d’opposition,
C’est qu’on est tous les mêmes
Dans les chemins de notre réflexion.
Car si l’intelligence du quotidien
Est conditionnée par notre environnement,
Pourquoi le point de l’autre serait meilleur que le mien ?
… Et inversement…
Nous avons tous une certaine intolérance
On s’enferme tous dans nos quartiers
Mais, pour moi, le mélange
Ce n’est pas que différentes couleurs à observer.
Nous rejetons toujours la faute sur les autres,
Que l’on soit parisien ou provincial
Et devant tant de considérations si hautes
Je suis heureux de ne pas faire partie de cet univers viscéral.
Tout est dans l’affectif.
Je les sens avoir peur en permanence.
Tout ce qui est différent est négatif
Puisqu’il ramène à nos manquements et à leurs provenances.
On vit sur la même planète
Mais assurément pas dans le même monde.
On marche tous sur la tête
Et personne pour changer de longueur d’onde…
Je me sens si proche et si loin de Paris…
Je commence à comprendre pourquoi
Et malgré tout ce qui nous réunit
Je ne suis qu’un provincial, c’est comme ça.
Partout dans le monde, on trouve quelqu’un qui dit
Que, pour lui, Paris c’est la France.
Pour moi la France n’est pas Paris…
Mais je cultive mon accoutumance…
Mirko
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