Jeudi 11 juin 2009 4 11 /06 /2009 11:34

Géologie humaine de Paris

 

Paris est un symbole

Dans notre monde moderne,

Une représentation nationale,

Une géologie humaine.

On peut y discerner plusieurs strates

Qui nous font visiter le pays de l’Homme

Ainsi que ses pensées fines ou scélérates

Qui se tournent autour dans cet urbain système.

Tout le monde se croise

Sans vraiment se regarder.

Parfois on vous toise

Pour justifier d’avoir levé le nez.

Pas de doute à avoir

Je suis bien un provincial.

Je m’intéresse au monde autour

Excusez-moi, je ne savais pas que c’était mal…

 

Quel paradoxe, quel gâchis

De voir dans une ville si belle

Autant de monde réunit

Qui passe à côté de l’essentiel.

Je n’ai jamais su dire

Si c’est plus par peur ou par indifférence.

Finalement laquelle est la pire ?

Je vois les deux comme une déviance.

Qu’il vienne de sa banlieue,

De son quartier rupin

Ou d’un truc entre les deux

C’est toujours le même refrain.

Tous ont leurs idées sur leur condition

Et leur mot à dire sur celle des autres.

Pourtant, là, je vous vois comme des moutons

En train de faire « comme tout le monde », on est encore dans le paraître.

 

J’entends ici mon habitant de la cité

Qui crie au scandale pour tous ses problèmes.

Plus pour les siens que ceux du quartier

Mais peut-on lui en vouloir ? On fait tous la même…

Il dit qu’il y a une sélection par l’argent,

Que les gens qu’il représente ont été concentrés

Dans un endroit qu’il estime indécent

Puisque laissé à l’abandon et complètement délabré.

Pas de confort, pas d’avenir

Mais une grosse culture de l’identité.

On sait à quel groupe on veut appartenir,

Ça permet de mieux s’estimer.

Il a le monde entier sur le dos

Et en première ligne la police

Qui le gêne dans sa quête du beau,

A croire qu’il trouve ça moche ce qu’il revendique.

 

J’entends par là mon petit bourgeois

Déblatérer sur la société.

Il y a des tas de choses qu’il ne comprend pas

Comme de ne pas connaître Ronsard et Mérimée.

Que voulez-vous, on n’a pas tous les mêmes aptitudes.

L’argent n’y est pour rien, c’est d’abord l’éducation

Et il y a toujours quelque chose pour troubler la quiétude

De son quotidien et de sa quête d’élévation.

Mais que fait la police ?

C’est une honte ! Même plus tranquille chez soi.

Une voiture démarre et les pneus crissent.

Encore un délinquant, ça ne peut être que ça !

La terre entière lui en veut,

Tout le monde envie sa réussite

Mais ne s’élève pas qui veut,

Lui, un esprit fort et puissant l’habite.

 

 

Plus loin je vois mon middle-class

Qui traîne toute sa misère.

Pour lui tout ce qui se passe

N’est que contrainte, qui plus est monétaire.

Sa vie, c’est son budget.

Les comptes sont drastiques.

Il s’en plaint toute l’année

Sauf l’été où il se paye des vacances sur l’Atlantique.

On pourrait penser que son discours

Serait un mélange des deux précédentes

Et pourtant non, elle varie selon les saisons,

Selon les humeurs et les contraintes.

Mais que fait donc l’Etat ?

Ce sont toujours les mêmes qui payent pour les autres.

Toutes ses questions commencent par « pourquoi »

Sans pour autant se demander si c’est pire ailleurs.

 

Que de standards, de vulgaires clichés

Et pourtant je les ai tous entendus.

Toutes ces classes sociales et leur(s) discour(s) bien huilé(s)

Je les ai même vus…

Il serait temps d’arrêter de se cacher,

D’affronter nos déviances et nos passions

Car si chacun a son franc parler

On peut être intelligent dans l’analyse des opinions.

Une chose est certaine

Dans ce vaste champ d’opposition,

C’est qu’on est tous les mêmes

Dans les chemins de notre réflexion.

Car si l’intelligence du quotidien

Est conditionnée par notre environnement,

Pourquoi le point de l’autre serait meilleur que le mien ?

… Et inversement…

 

Nous avons tous une certaine intolérance

On s’enferme tous dans nos quartiers

Mais, pour moi, le mélange

Ce n’est pas que différentes couleurs à observer.

Nous rejetons toujours la faute sur les autres,

Que l’on soit parisien ou provincial

Et devant tant de considérations si hautes

Je suis heureux de ne pas faire partie de cet univers viscéral.

Tout est dans l’affectif.

Je les sens avoir peur en permanence.

Tout ce qui est différent est négatif

Puisqu’il ramène à nos manquements et à leurs provenances.

On vit sur la même planète

Mais assurément pas dans le même monde.

On marche tous sur la tête

Et personne pour changer de longueur d’onde…

 

Je me sens si proche et si loin de Paris…

Je commence à comprendre pourquoi

Et malgré tout ce qui nous réunit

Je ne suis qu’un provincial, c’est comme ça.

Partout dans le monde, on trouve quelqu’un qui dit

Que, pour lui, Paris c’est la France.

Pour moi la France n’est pas Paris…

Mais je cultive mon accoutumance…

 

Mirko

Par Mirko
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